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Jeûne Vitalité Expérience

Centre professionnel
de la remise en forme

L'AUTOMNE DE NOS CELLULES

Faut-il hiberner pour rester en forme ?

Quand la nature ralentit… et que l'humain résiste !

Demain, c'est samedi. J'irai aux champignons. Je profiterai également de cet été indien provençal pour une dernière escapade cyclo avant de placer mon fidèle destrier sous bâche hivernale.

Bonne nuit, ma chérie !

J'ouvre un œil. Huit heures ! Ma femme est déjà levée, déjà active, déjà opérationnelle. Machine à laver, lave-vaisselle, fer à repasser, aspirateur : rien ne lui résiste. À ce rythme, elle pourrait bien s'attaquer au nettoyage des gouttières avant le petit-déjeuner.

Quant à moi, une étrange torpeur envahit progressivement mes jambes, mon corps, mon enthousiasme. Et si je restais calfeutré sous la couette ? M'y rejoindrait-elle ? J'en doute. Ce n'est pas vraiment le genre de la maison.

Je finis donc par me lever.

Une petite voix narquoise me parvient alors aux oreilles :

— Je te croyais aux champignons !

Champion du monde de la mauvaise foi, je m'entends répondre :

— Il n'a pas assez plu cet été. J'irai demain !

On fait mieux comme répartie, j'en conviens. Mes neurones aussi semblent être passés à l'heure d'hiver.

Quant au vélo, inutile d'insister : j'ai suffisamment roulé cet été sous la canicule. Mon quota annuel de transpiration est largement atteint.

Dix heures. Mon épouse suggère une promenade tous ensemble, pique-nique à l'appui. Les enfants pourraient en profiter pour rapporter à l'école, comme demandé par la maîtresse, quelques preuves de la grande métamorphose automnale : marrons avec ou sans leur bogue, pommes, poires, coings, cucurbitacées, feuilles multicolores, noix, champignons… Sans oublier les tomates vertes qui n'iront pas au bout de leur cycle et les punaises qui tentent de s'inviter dans nos maisons.

Tout un programme !

Moi, j'ai surtout envie de ne rien faire.

Et si je n'étais pas le seul ? Si la nature nous soufflait, à sa manière, qu'il est parfois temps de lever le pied ?

Une question me vient alors, existentielle à défaut d'être urgente : Faut-il hiberner pour rester en forme ?

La marmotte, l'ours, le loup : chacun sa stratégie !

Nous ne sommes ni des marmottes ni des arbres, mais nous appartenons au même monde vivant. Et si nous prenions le temps d'observer comment il traverse la saison froide ?

Car la nature ne lutte pas systématiquement contre les saisons : elle s'y adapte. Et, selon les espèces, les stratégies sont radicalement différentes.

La marmotte : championne toutes catégories du ralentissement

Si elle nous voyait courir après le temps, multiplier les rendez-vous et remplir nos agendas à ras bord, la marmotte hausserait probablement les épaules. Enfin, si elle était réveillée !

La voilà confortablement installée dans son terrier, après avoir constitué ses réserves pendant la belle saison.

En pleine hibernation, sa température corporelle peut descendre aux environs de 5 °C et son cœur ralentir jusqu'à quelques battements par minute. Son métabolisme tourne au ralenti, ses dépenses énergétiques diminuent considérablement.

Attention, il ne s'agit pas simplement de prolonger sa grasse matinée du dimanche ! L'hibernation est un état physiologique remarquable, ponctué de phases de réveil.

Sa leçon pour nous ? Anticiper, préserver ses ressources et accepter que le repos fasse partie de la vie.

Dans notre société hyperactive, nous sommes devenus très performants pour remplir nos journées. Mais savons-nous encore ne rien faire sans culpabiliser ?

L'ours : lever le pied sans tout arrêter

L'ours aussi prépare l'hiver. Il accumule des réserves de graisse et se retire dans son abri lorsque les conditions deviennent défavorables.

Sa torpeur hivernale diffère toutefois de l'hibernation profonde de la marmotte. Sa température corporelle baisse plus modérément et il peut se réveiller relativement facilement.

L'ours semble avoir compris une chose essentielle : inutile de gaspiller son énergie à lutter contre des conditions auxquelles on ne peut rien changer.

Sa leçon pour nous ? Économiser nos ressources et choisir nos combats.

Homo modernus, lui, a parfois une tout autre conception de la question. Il chauffe sa maison, consulte la météo toutes les heures, se plaint du froid et continue à vouloir vivre comme en plein mois de juin.

L'ours, au moins, ne cherche pas à battre son record de pas quotidiens pendant sa torpeur hivernale !

Le loup : s'adapter plutôt que s'arrêter

Tous les animaux ne passent pas l'hiver sous la couette.

Le loup, lui, n'hiberne pas. Il reste actif, se déplace et chasse, en adaptant ses comportements aux conditions du milieu. Lorsque les proies se font plus rares, trouver de quoi se nourrir devient plus difficile. Il doit alors faire preuve d'opportunisme et d'endurance.

Sa leçon pour nous ? Ralentir ne signifie pas nécessairement s'arrêter. Il faut aussi savoir s'adapter.

Nous le faisons déjà au quotidien, en ajustant nos activités aux contraintes de la vie. Encore faut-il accepter de revoir notre programme lorsque les circonstances l'exigent.

Le hérisson : savoir se mettre à l'abri

Le hérisson, lui, entre en hibernation lorsque les conditions saisonnières le nécessitent. Avec la baisse des températures et la raréfaction de sa nourriture, son métabolisme ralentit fortement. Il puise alors dans les réserves accumulées pendant les mois précédents.

Pas question pour lui de chercher un restaurant ouvert à vingt-deux heures !

Sa leçon pour nous ? Reconnaître les moments où il vaut mieux préserver ses forces que s'agiter dans tous les sens.

Je pourrais aussi vous parler du loir, de certaines chauves-souris ou de grenouilles capables de traverser l'hiver dans des états de torpeur remarquables. Mais je ne prépare pas un documentaire animalier !

Mon propos est plutôt de chercher, dans le monde vivant, quelques pistes pour mieux comprendre nos propres rythmes.

Et les végétaux ont, eux aussi, beaucoup à nous apprendre.

Quand tout semble mort, la vie prépare la suite

Observons un arbre en novembre, en janvier, puis en février. Ses branches sont nues, ses feuilles ont disparu. On pourrait presque le croire bon pour la cheminée.

Pourtant, il est bien vivant.

Chez les arbres à feuilles caduques, la chute des feuilles participe à l'adaptation aux conditions hivernales. La croissance ralentit ou s'interrompt, les bourgeons entrent en dormance et l'arbre se prépare à traverser la saison froide.

Tout semble immobile, mais cette immobilité est organisée. Elle protège les tissus fragiles et évite notamment un développement prématuré des jeunes pousses.

Puis vient le moment où les conditions deviennent favorables. Les bourgeons reprennent leur développement, les premières feuilles apparaissent, les fleurs s'ouvrent et le paysage se transforme.

Le printemps n'arrive pas par magie : il a été préparé longtemps à l'avance.

Les perce-neiges percent le sol encore froid, les hellébores fleurissent au cœur de l'hiver et certains bulbes attendent patiemment leur heure. Les agriculteurs, eux aussi, sèment à l'automne certaines céréales qui passeront l'hiver avant de reprendre leur croissance.

La vie n'a pas disparu. Elle poursuit son chemin, parfois de manière invisible.

Voilà une belle leçon de patience dans un monde où nous voulons tout, tout de suite, et où le moindre temps d'attente est parfois vécu comme une anomalie.

Et nous, les humains, que pouvons-nous apprendre de tout cela ?

Soyons clairs : nous ne sommes pas programmés pour hiberner comme les marmottes. Nous ne pouvons pas davantage perdre nos feuilles en novembre pour les retrouver au printemps.

En revanche, notre organisme est sensible aux variations de lumière et aux changements de saison. La diminution de la durée du jour peut influencer notre horloge biologique, notre sommeil, notre humeur et notre niveau d'énergie. Le passage à l'heure d'hiver peut également perturber temporairement certaines habitudes.

Alors, faut-il se résigner à traîner les pieds jusqu'au printemps ou se battre contre la moindre envie de ralentir ?

Ni l'un ni l'autre.

Écoutons nos besoins de récupération

Le repos n'est pas du temps perdu. Il participe au bon fonctionnement de notre organisme, à condition de ne pas confondre récupération et inactivité permanente.

Si les soirées plus fraîches vous donnent envie de vous coucher un peu plus tôt, pourquoi ne pas en profiter ? Et si, de temps en temps, vous avez envie de ne rien faire, inutile de vous inventer une activité urgente pour vous donner bonne conscience.

Votre canapé ne vous jugera pas.

Profitons de la lumière et continuons à bouger

Le raccourcissement des journées n'est pas une raison pour vivre rideaux et volets fermés jusqu'en mars.

Sortir à la lumière naturelle, marcher, jardiner, faire du bois, pédaler ou pratiquer une activité physique adaptée contribue à préserver notre bien-être. Même par temps gris, la lumière extérieure reste généralement plus intense et nourricière que celle de nos intérieurs.

Alors, enfilez une veste épaisse et un bonnet moelleux, chaussez vos chaussures et allez respirer un peu. Vos mitochondries reprendront ainsi du poil de la bête.

Et la marmotte ne vous en voudra pas.

Ne confondons pas ralentissement et épuisement

Il est normal de ressentir parfois le besoin de récupérer davantage. Mais une fatigue importante, inhabituelle ou persistante ne doit pas être automatiquement mise sur le compte de l'automne ou de l’hiver. Elle peut avoir de nombreuses causes et mérite, si elle perdure, d'être discutée avec un professionnel de santé.

La nature nous apprend à nous adapter, pas à ignorer les signaux d'alarme.

Faisons aussi évoluer notre assiette

L'automne est une invitation à redécouvrir les légumes de saison, les soupes maison, les courges, les champignons, les pommes, les poires, les châtaignes et les noix.

Les plats mijotés retrouvent leur place et la cuisine peut redevenir un moment de partage. Inutile, pour autant, de bouleverser toute son alimentation sous prétexte que les feuilles tombent : la variété, l'équilibre et le plaisir restent de bonnes bases, quelle que soit la saison.

Et le jeûne dans tout cela ?

À l'approche de l'hiver et des fêtes de fin d'année, il peut être l'occasion, pour certaines personnes et dans des conditions adaptées, de prendre du recul sur leurs habitudes alimentaires. Dans le cadre de mes séjours, j'observe combien cette parenthèse peut inciter à réfléchir à son hygiène de vie, à son mode de vie et parfois à son lieu de vie.

Je peux témoigner de mon expérience, mais je resterai prudent sur les conclusions : le jeûne n'est pas un remède universel à la fatigue, ni une méthode absolue pour prévenir infections et autres maladies inflammatoires.

L'idée n'est pas d'ajouter de nouvelles contraintes à notre emploi du temps. Ce serait tout de même un comble que de devoir programmer une séance de repos dans son agenda entre le cours de yoga et la préparation du dîner !

Hiberner, non. Hiverner, pourquoi pas ?

La distinction mérite d'être faite.

Hiberner, c'est entrer dans un état physiologique particulier au cours duquel le métabolisme ralentit fortement. C'est notamment le cas de la marmotte, du hérisson et de certaines chauves-souris.

Hiverner, au sens courant, c'est traverser l'hiver en s'abritant ou en adaptant son activité aux conditions de la saison. L'ours connaît une torpeur hivernale particulière, tandis que le loup reste actif.

Nous ne sommes ni des marmottes ni des ours. Inutile donc de chercher une tanière ou de constituer des réserves en prévision de trois mois sous la couette !

Mais nous pouvons nous inspirer du monde vivant.

À la marmotte, empruntons le sens du repos ; à l'ours, l'économie d'énergie ; au loup, la capacité d'adaptation ; aux arbres, la patience.

Car la vitalité ne consiste pas à fonctionner à plein régime douze mois sur douze. Elle consiste aussi à savoir ralentir, préserver ses ressources et retrouver le bon moment pour repartir.

Nous avons pourtant tendance à vouloir maintenir le même rythme en juillet et en janvier, avec les mêmes objectifs, la même cadence et la même exigence de performance.

Comme si être vivant signifiait être actif en permanence !

Alors, cet hiver, autorisons-nous quelques pauses, des promenades dans le froid, des soirées tranquilles et des nuits suffisamment longues.

Avant de refermer cette chronique, je vous laisse méditer sur quatre questions :

  • Nos cellules ont-elles besoin d'un pull ?
  • Moins de lumière, plus de sommeil ?
  • La nature ralentit-elle vraiment ?
  • Et si nous arrêtions de fonctionner comme des machines ?

Vous pourrez y réfléchir tranquillement, lové sur votre canapé, sous un plaid, avec une bouillotte bien chaude — à condition que votre conjoint ne réclame pas sa part du plaid !

Je vous souhaite un bel automne, de belles promenades et, pourquoi pas, quelques champignons dans le panier. Pour le vélo, nous verrons demain.

Prenez soin de vous, respectez vos rythmes et gardez votre vitalité !